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Faits concernant la santé mentale et les maladies mentales au Canada
On utilise souvent les termes « santé mentale » et « la maladie mentale » pour signifier la même chose, mais il s’agit de concepts différents.
La santé mentale est semblable à la santé physique : elle fait référence à un état de bien-être. Notre santé mentale est le fruit de nos expériences, de nos émotions, de nos pensées, de nos souvenirs, de nos interactions avec les autres et des circonstances de notre vie ainsi que du sentiment d’attachement et d’appartenance. Une bonne santé mentale permet de mieux faire face aux stress de la vie[1].
Les maladies mentales sont des changements dans les pensées, les paroles, les sentiments ou les gestes d’une personne qui se trouve dans une situation de détresse importante. Ces changements peuvent compliquer les activités quotidiennes. Les symptômes des maladies mentales peuvent aller et venir et se manifester de différentes manières selon les personnes[2].
Un diagnostic de maladie mentale n’est pas toujours un facteur prédictif d’une santé mentale stable ou précaire. Une personne sans maladie mentale peut avoir une santé mentale précaire, tandis qu’une personne atteinte d’une maladie mentale peut avoir une excellente santé mentale[3].
Les maladies mentales comprennent :
- les troubles de l’humeur tels que les troubles dépressifs majeurs et les troubles bipolaires;
- les troubles anxieux;
- la schizophrénie et d’autres troubles psychotiques;
- les troubles de la personnalité;
- les troubles de l’alimentation;
- les troubles de l’usage de substances.
Les problèmes liés à la consommation de substances peuvent être le signe qu’une personne éprouve un trouble de l’usage de substances, c’est-à-dire d’une maladie mentale .
Quelles personnes sont concernées?
Chaque personne doit prendre soin de sa santé mentale. Or, si personne n’est à l’abri des problèmes à ce chapitre, ce n’est pas tout le monde qui a une maladie mentale.
Les maladies mentales affecte des personnes de tous sexes, âges, niveaux d’éducation, revenus et cultures, mais l’inégalité et l’injustice (racisme, pauvreté, itinérance, discrimination, violence, etc.) contribuent à une santé mentale précaire ou à des symptômes de détresse[4].
Chaque année au Canada, une personne sur cinq est atteinte d’une maladie mentale[5].
Environ la moitié de la population canadienne aura ou a déjà eu une maladie mentale avant l’âge de 40 ans[6]. De plus,
- Quatorze pour cent des personnes au Canada éprouveront un trouble dépressif majeur dans leur vie[7].
- Un peu plus de 13 % des Canadiennes et Canadiens ressentiront un trouble anxieux généralisé[8].
- Un peu plus de 3 % de la population canadienne sera atteinte d’un trouble bipolaire[9].
- Environ 21,6 % des Canadiennes et Canadiens (six millions de personnes) seront atteints d’un trouble de l’usage de substances[10]. Cela inclut la consommation d’alcool, de cannabis et d’autres drogues.
- Environ un million de Canadiennes et Canadiens (entre 0,3 et 1 % de la population) sont atteints de troubles de l’alimentation. Ils touchent dix fois plus les femmes que les hommes et présentent le taux de mortalité le plus élevé, tous maladies mentales confondus[11].
Environ 4 500 Canadiennes et Canadiens meurent par suicide chaque année, ce qui représente près de 12 suicides par jour[12].
- Le taux de suicide est trois fois plus élevé chez les hommes que chez les femmes.
- Au Canada, les taux de suicide au sein des peuples autochtones sont disproportionnés. Parmi les Premières Nations, ce taux est trois fois plus élevé que dans la population non autochtone, et neuf fois plus élevé chez le peuple inuit[13].
Les filles et les jeunes femmes sont trois fois plus susceptibles que les hommes de se mutiler et d’être hospitalisées pour cause d’automutilation[14].
Comment les maladies mentales affectent-elles les jeunes?
La jeunesse est une période critique en ce qui concerne la maladie mentale : la plupart des personnes vivant avec une maladie mentale commencent à ressentir des symptômes avant l’âge de 18 ans[15].
- Environ 20 % des jeunes Canadiennes et Canadiens de 25 ans et moins sont atteints d’une maladie mentale[16].
- Quinze à vingt pour cent des Canadiennes et Canadiens de 15 à 30 ans ont eu des pensées suicidaires[17].
- Le suicide est la deuxième cause de décès chez les personnes de 15 à 34 ans[18].
- Les jeunes femmes (de 15 à 24 ans) sont plus susceptibles que tout autre groupe démographique d’éprouver un trouble de l’humeur ou anxieux[19].
- En 2020, près d’un quart (23 %) des hospitalisations de personnes âgées de 5 à 24 ans étaient dues à une maladie mentale[20].
- Bien des jeunes ont du mal à accéder aux soins de santé mentale. Parmi celles et ceux nécessitant des soins, 18,2 % ont déclaré que leurs besoins n’étaient satisfaits qu’en partie, ou pas du tout[21].
Quelles sont les causes des maladies mentales et des problèmes liés à l’usage de substances?
La personnalité et les facteurs génétiques, sociaux et environnementaux influent sur la santé mentale et la santé liée à la consommation de substances[22].
- Les événements de la vie (par exemple, les traumatismes) peuvent donner lieu à des problèmes de santé mentale et de santé liés à la consommation de substances. La santé mentale et la santé liée à la consommation de substances peuvent s’aggraver si les mesures de soutien nécessaires au rétablissement ne sont pas disponibles ou utilisées.
- Avec du soutien et un traitement, les personnes ayant des problèmes de santé mentale peuvent s’épanouir et se rétablir.
Les facteurs sociaux et environnementaux jouent un rôle important dans la santé mentale de tous et toutes. Une bonne santé mentale est soutenue par :
- l’accès à un logement sécuritaire et abordable;
- l’éducation et un emploi intéressant;
- l’activité physique;
- les loisirs;
- le soutien d’une communauté;
- un lien avec la terre;
- un environnement sécuritaire;
- l’absence de violence;
- un accès fiable aux soins de santé et aux services de santé mentale.
Quels sont les coûts liés aux maladies mentales?
Sans soutien, les personnes ayant des maladies mentales et des problèmes liés à la consommation de substances (ainsi que leurs personnes aidantes et leurs familles) peuvent éprouver de grandes souffrances. Un système de santé mentale solide, assorti d’une gamme de programmes et de mesures de soutien (par exemple, des services d’aide au logement et à la recherche d’emploi), aiderait un plus grand nombre de personnes à obtenir les soins dont elles ont besoin pour se rétablir et s’épanouir.
Les personnes éprouvant des maladies mentales et des problèmes liés à la consommation de substances sont souvent confrontées à la discrimination et à la stigmatisation. Elles peuvent également intérioriser la stigmatisation, ce qui entraîne des sentiments de honte et d’indignité. La stigmatisation et la discrimination affectent les relations ainsi que l’accès à l’emploi, au logement, aux soins de santé et à d’autres besoins fondamentaux.
Le manque d’investissement en soins de santé mentale au Canada a un coût économique. Les problèmes liés à l’usage de substances et les maladies mentales non traités s’ajoutent à ce coût. La Commission de la santé mentale du Canada prévoit que le coût associé au traitement des maladies mentales par les systèmes de santé, de services sociaux et de soutien du revenu à l’échelle nationale atteindra 291 milliards de dollars d’ici 2041[23].
Les services publics de santé mentale au Canada sont sous-financés et les gens font face à de longs délais d’attente. En l’absence de services publics, ils doivent payer pour obtenir de l’aide ou s’en passer. Si certaines personnes bénéficient de prestations de maladie dans le cadre de leur travail, ces prestations sont souvent insuffisantes.
- Chaque année, les Canadiennes et Canadiens dépensent environ 950 millions de dollars en consultations psychologiques au privé. Environ un tiers de ce montant est payé de leurs poches; le reste étant couvert par leur assurance maladie professionnelle et privée[24].
[1] Nord, Camilla. The Balanced Brain: The Science of Mental Health, New Jersey, Princeton University Press, 2024. (en anglais seulement)
[2] Younger, David S. (2016), « Epidemiology of Childhood and Adults Mental Illness », Neurologic Clinics, vol. 34, p. 1023-1033. (en anglais seulement)
[3] Keyes, C. L. M. (2002), « The Mental Health Continuum: From Languishing to Flourishing in Life », Journal of Health and Social Behavior, vol. 43, no 2, p. 207-222. DOI : https://doi.org/10.2307/3090197 https://midus.wisc.edu/findings/pdfs/56.pdf (en anglais seulement)
[4] https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/82-624-x/2013001/article/11855-fra.htm
[5] https://commissionsantementale.ca/wp-content/uploads/2020/09/la-nesessite-dinvestir-dans-la-sante-mentale-au-canada.pdf
[6] https://commissionsantementale.ca/wp-content/uploads/2020/09/la-nesessite-dinvestir-dans-la-sante-mentale-au-canada.pdf
[7] https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/82-003-x/2020012/article/00002-fra.htm
[8] https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/82-003-x/2020012/article/00002-fra.htm
[9] https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/82-003-x/2020012/article/00002-fra.htm
[10] https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/82-624-x/2013001/article/11855-fra.htm
[11] https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/82-624-x/2013001/article/11855-fra.htm
[12] https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/publications/vie-saine/donees-suicide-canada-infographique.html
[13] https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/publications/vie-saine/donees-suicide-canada-infographique.html
[14] https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/publications/vie-saine/donees-suicide-canada-infographique.html
[15] https://commissionsantementale.ca/ce-que-nous-faisons/enfants-et-jeunes
[16] https://commissionsantementale.ca/ce-que-nous-faisons/enfants-et-jeunes
[17] https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/publications/vie-saine/donees-suicide-canada-infographique.html
[18] https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/publications/vie-saine/donees-suicide-canada-infographique.html
[19] https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/75-006-x/2023001/article/00011-fra.htm [20] https://www.childrenshealthcarecanada.ca/en/news/Statements/proteger-les-esprits-pour-un-avenir-plus-sur_2023.pdf
[21] https://www150.statcan.gc.ca/n1/daily-quotidien/250310/dq250310a-fra.htm
[22] AMC (2013). L’équité en santé et les déterminants sociaux de la santé : Un rôle pour la profession médicale, [En ligne], [https://cma.ca/sites/default/files/2018-11/PD13-03-f.pdf].
[23] https://commissionsantementale.ca/wp-content/uploads/2020/09/la-nesessite-dinvestir-dans-la-sante-mentale-au-canada.pdf
[24] Peachey, D., Hicks, V., Adams, O. (2013). An Imperative for Change: Access to Psychological Services for Canada. Rapport à l’intention de la Société canadienne de psychologie.
