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Soutenir la santé mentale des hommes, au-delà de la sensibilisation
1 juin 2026
On a longtemps appris aux hommes à rester forts, à refouler leurs émotions et à « encaisser » lorsque les choses se compliquent – souvent au détriment de leur propre bien-être, et parfois de celui des autres. Pourtant, derrière cette pression se profile une réalité préoccupante : une crise silencieuse en santé mentale, où trop d’hommes ne reçoivent pas les soins et le soutien dont ils ont besoin.
Les difficultés en santé mentale chez les hommes sont fréquentes. Pourtant, plusieurs hésitent à demander de l’aide, même en situation de détresse émotionnelle. Cette réalité contribue trop souvent à des problèmes de santé liée à la consommation de substances, à des dépendances, à l’isolement social, à des dynamiques relationnelles malsaines et à la violence.
Faits saillants sur la santé mentale des hommes
- Au Canada, les hommes représentent près de 75 % des décès par suicide et se suicident à un taux trois fois plus élevé que les femmes.
- Les hommes sont plus susceptibles de consommer des substances de façon régulière. En 2024, 60,9 % d’entre eux se déclaraient consommateurs réguliers d’alcool, contre 49 % des femmes.
- Les hommes et les garçons sont plus enclins à jouer à des jeux d’argent et présentent un risque plus élevé de problèmes liés au jeu, allant de modéré à sévère.
- Les hommes consomment plus souvent des substances, et ils sont aussi plus nombreux que les femmes à décéder d’intoxication aux drogues. Ils représentent 72 % des décès attribuables aux intoxications aux opioïdes.
Ces chiffres dressent un constat préoccupant : trop d’hommes vivent leur détresse en silence, sans se sentir en mesure de demander de l’aide. Les obstacles à l’accès aux services sont encore plus marqués pour les hommes racisés et autochtones, qui peuvent se heurter à un manque de soins et de soutiens culturellement pertinents et accessibles en raison d’inégalités sociales et économiques liées au racisme et au colonialisme.
Créer des liens peut sauver des vies
Des relations sociales solides figurent parmi les principaux facteurs de protection de la santé mentale. Pourtant, de nombreux hommes disent se sentir isolés ou manquer de relations émotionnelles significatives.
Les soutiens en milieu scolaire et familial comptent parmi les interventions les plus déterminantes pour le bien-être des garçons et des jeunes hommes. Des initiatives comme l’apprentissage socioémotionnel, qui valorise l’identité culturelle positive, la connaissance de soi, la pensée critique et la responsabilité sociale, jettent les bases de relations saines et collaboratives. Ces acquis sont essentiels pour une gestion saine des émotions et un bien-être durable, aujourd’hui comme à long terme.
Prendre des nouvelles des hommes de notre entourage peut réellement faire une différence. Une conversation simple ou un moment partagé peut aider une personne à se sentir vue, entendue et soutenue. En créant des espaces sécuritaires et sans jugement où les hommes peuvent s’exprimer librement, on les encourage à demander de l’aide avant d’atteindre un point critique.
Les garçons et les hommes sont plus enclins à parler dans un milieu bienveillant et ouvert – à la maison, au travail, à l’école, dans les équipes sportives et dans la communauté. Normaliser les échanges sur la santé mentale contribue à rendre la demande d’aide plus naturelle.
Des façons concrètes de prendre des nouvelles des hommes de votre entourage
Portez attention
Restez à l’écoute des changements de comportement et des signes d’alerte. Il peut sembler plus replié sur lui-même, plus fatigué que d’habitude ou se désintéresser d’activités qu’il appréciait. Si quelque chose vous semble inhabituel, fiez-vous à votre impression et prenez des nouvelles.
Misez sur une activité commune
Pour plusieurs hommes, il est plus facile de s’ouvrir dans un contexte détendu ou dans l’action. Les échanges deviennent plus spontanés lorsqu’il y a moins de pression et que l’attention n’est pas uniquement centrée sur la conversation. Profitez d’une activité commune pour amorcer le dialogue.
Choisissez un moment et un lieu propices
Abordez la discussion avec bienveillance et curiosité. Partagez vos observations, sans jugement ni reproche. Posez des questions, écoutez avec ouverture et laissez de l’espace pour s’exprimer. Rappelez-vous que votre rôle est celui d’une personne de confiance, pas d’un·e professionnel·le.
En cas de risque de suicide, dirigez-le vers de l’aide
Si la situation vous préoccupe, il est important de poser la question directement : « Penses-tu au suicide? ». Parler du suicide n’augmente pas le risque, mais peut au contraire briser l’isolement et ouvrir la porte au soutien. Au Canada, il est possible d’appeler ou de texter le 9-8-8 pour obtenir de l’aide en situation de crise. Si vous vous inquiétez, proposez de contacter le service ensemble. En cas de danger immédiat, composez le 9-1-1.
Pour les situations non urgentes, vous pouvez aussi orienter vers des ressources communautaires en santé mentale, comme :
- Buddy Up, une campagne de prévention du suicide qui encourage des conversations authentiques entre hommes et les incite à demander de l’aide.
- Recovery College, un espace d’apprentissage novateur et accessible à tout le monde, offrant gratuitement des cours, webinaires, ateliers et activités, en personne, en ligne ou en mode hybride, pour soutenir le rétablissement.
- L’Association canadienne pour la santé mentale (ACSM), une porte d’entrée pour accéder à des services près de chez vous. Trouvez l’ACSM de votre région ici.
Même si les conversations sont essentielles, la sensibilisation à elle seule ne suffit pas. Les hommes doivent pouvoir compter sur des services, des soutiens et des ressources adaptés, au moment où ils en ont besoin. Voilà pourquoi l’ACSM poursuit son travail de sensibilisation, de création d’outils et de plaidoyer pour un meilleur financement des soins de santé mentale et des mesures de soutien communautaires.
Le mois de juin est le Mois de la santé mentale des hommes. En créant des espaces où les hommes et les garçons se sentent reconnus, écoutés et soutenus, nous contribuons à renforcer les liens, à bâtir des communautés plus en santé – et oui, à sauver des vies.
Si vous ou une personne qui vous est chère pensez au suicide, appelez ou textez le 9-8-8, sans frais et en tout temps, pour obtenir du soutien en français ou en anglais, ou visitez 988.ca/fr.
Nous remercions l’ACSM Alberta, le Centre de prévention du suicide et l’équipe de Buddy Up pour leur précieuse collaboration à l’élaboration de ces contenus.
