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La pair-aidance mérite une place parmi les interventions en matière de santé mentale et d’usage de substances
19 novembre 2025
Prendre connaissance de l’éventail des mesures de soutien pour favoriser le rétablissement est essentiel, surtout en cette période où la population canadienne est en difficulté. On estime qu’une personne sur cinq au Canada sera aux prises avec une dépendance à un moment ou à un autre de sa vie.
Or, il existe une autre option puissante et accessible, souvent absente de la discussion : la pair-aidance.
Qu’est-ce que la pair-aidance?
On parle de pair-aidance lorsqu’une personne ayant vécu un problème de santé mentale ou de santé liée à la consommation de substances accompagne une autre personne dans son propre parcours. La pair-aidance repose sur l’expérience partagée. Les personnes paires-aidantes n’émettent pas de diagnostic, ne prescrivent pas de médicaments et ne prétendent pas avoir toutes les réponses. À la place, elles offrent un lien, de l’espoir, de la compréhension et des stratégies d’adaptation efficaces, en rejoignant les personnes là où elles en sont et en s’inspirant de leur propre expérience.
Pour beaucoup, parler à une personne paire-aidante est moins intimidant et moins stigmatisant que de consulter une ou un thérapeute ou autre professionnelle ou professionnel de la santé. C’est pourquoi la pair-aidance est une approche que les personnes se sentent plus à l’aise d’adopter en premier. Être compris ou comprise par une personne qui « sait vraiment ce que c’est », grâce au lien d’une expérience vécue commune, plutôt que par des diplômes et des doctorats, favorise la guérison d’une manière unique.
La pair-aidance complète les approches thérapeutiques occidentales
La pair-aidance ne remplace pas les thérapies offertes par les professionnelles et professionnels de la santé. La psychologie, la médication et les autres approches thérapeutiques sont essentielles pour les personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale ou de santé liée à la consommation de substances. Or, les personnes au Canada n’ont pas toujours accès à ces soutiens en raison des coûts, de l’emplacement ou des longues listes d’attente. Plutôt que de remplacer ces interventions, la pair-aidance les complète. Elle permet aux personnes de rester en contact entre les séances de thérapie, d’avoir un soutien avant que la situation s’aggrave et devienne une crise, et de maintenir un lien continu, ce qui favorise le rétablissement et le mieux-être à long terme.
La pair-aidance permet aussi de répondre aux enjeux de sensibilité culturelle, ce qui fait souvent défaut dans les thérapies modernes occidentales. La pair-aidance permet de mettre en contact non seulement des personnes ayant vécu une expérience semblable, mais aussi celles qui partagent des origines culturelles communes, un aspect important pour favoriser une meilleure compréhension et un lien plus fort. Comme l’équipe de pair-aidance tend à être diversifiée, elle permet aux personnes de se sentir mieux représentées sur le plan culturel qu’avec une professionnelle ou un professionnel de la santé. Il est important de considérer la personne dans son ensemble, de reconnaître ses forces, son identité et son contexte social, et de ne pas seulement prioriser sa maladie ou son trouble.
La pair-aidance est en pleine croissance
La pair-aidance n’est pas un soutien de moindre qualité : c’est un soutien différent. Et pour d’innombrables personnes à travers le Canada, cette différence peut tout changer.
Au fil des décennies, la pair-aidance est devenue une pratique reconnue, fondée sur des données probantes, au Canada et dans le monde. Aujourd’hui, des personnes paires-aidantes font partie d’équipes multidisciplinaires dans les hôpitaux (y compris le Centre de toxicomanie et de santé mentale ou CAMH et l’hôpital St-Michael), les centres de santé communautaires et même les services des urgences. De nombreuses filiales de l’Association canadienne pour la santé mentale et d’autres organisations communautaires proposent des programmes dirigés par des paires et pairs et des rencontres individuelles en pair-aidance. Vous trouverez également des personnes paires-aidantes dans les unités de soins hospitaliers, les programmes de logement, les services de réduction des méfaits et les milieux de travail.
Compte tenu de sa présence croissante et de la pression exercée sur le système de santé canadien, la pair-aidance doit faire partie des interventions normales en matière de santé mentale et de soins de santé liés à l’usage de substances. Pour beaucoup, le chemin du rétablissement peut être long et sinueux, car, après tout, la guérison n’est pas linéaire. Les personnes paires-aidantes peuvent aider les autres à voyager sur ce chemin.
Peer Support Canada (PSC) est la voix nationale de la pair-aidance au Canada, fournissant un leadership aux personnes pair-aidantes et aux organisations qui offrent des services de pair-aidance à travers le Canada.
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