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Les droits de la personne, c’est d’abord et avant tout nous épauler mutuellement
10 décembre 2025
Tous les 10 décembre, la Journée des droits de la personne nous rappelle une vérité essentielle : la santé mentale est un droit humain universel. Pour l’Association canadienne pour la santé mentale (ACSM), ce principe est un guide pour notre travail et notre vision : « un Canada où la santé mentale est un droit universel ». Le thème de cette année, « Droits humains, nos essentiels de tous les jours », souligne que les droits de la personne ne sont pas abstraits ou lointains : ils rendent la vie quotidienne possible. La sécurité, la dignité, le sentiment d’appartenance et la liberté de s’épanouir ne sont pas des privilèges. Ce sont des droits.
Et ces droits, c’est d’abord et avant tout nous épauler mutuellement : comment nous nous présentons, incluons, écoutons et travaillons ensemble pour bâtir des systèmes qui soutiennent tout le monde.
La santé mentale : un enjeu essentiel des droits de la personne
La santé mentale fait partie de tous les aspects de la vie. Elle façonne comment les gens tissent des liens, travaillent, s’adaptent, sollicitent du soutien et participent pleinement à la vie de leur collectivité. Quand une personne n’a pas accès à du soutien, qu’elle est confrontée à la discrimination ou qu’elle est laissée pour compte par les services sociaux, les lois ou les politiques, ses droits humains ne sont pas respectés.
Au Canada, les droits de nombreuses personnes sont menacés. Le rapport de l’ACSM sur l’état de la santé mentale au Canada 2024 dresse un constat préoccupant : nous sommes encore loin de considérer la santé mentale comme un droit universel. Le rapport souligne les inégalités d’accès à des soins de santé mentale rapides et culturellement sécuritaires, le manque de services dans de nombreuses collectivités éloignées ou marginalisées et le fait que beaucoup de personnes doivent payer pour du soutien non couvert par notre système de santé. De plus, il met en lumière une lacune importante : le Canada ne parvient toujours pas à recueillir des données nationales cohérentes et de qualité sur les soins de santé mentale et de santé liée à la consommation de substances.
Ces inégalités ne sont pas seulement des échecs politiques, ce sont des manquements aux droits humains. Elles nous rappellent que les droits de la personne vont au-delà des lois et des institutions : ils prennent forme dans les systèmes que nous bâtissons et dans les soins et l’attention que nous nous portons mutuellement.
La santé mentale et les droits de la personne : une responsabilité collective

En septembre dernier, lors du congrès La santé mentale pour tout le monde de l’ACSM, Isha Khan, directrice générale du Musée canadien pour les droits de la personne, a décrit ce lien de façon éloquente. Voici ce qu’elle nous rappelle :
Lorsque nous parlons de soins liés à santé mentale et à la dépendance, il ne s’agit pas seulement de services, de traitements, d’accès ou de soutien. Il est question de droits de la personne.
Au cœur de toute conversation sur la santé mentale se trouve une vérité simple : tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Respecter ce principe exige de repenser notre conception de la responsabilité :
Lorsque nous considérons toutes les personnes égales, nous nous éloignons du besoin d’aider et du désir de sauver, et nous nous rapprochons de la reconnaissance de notre responsabilité envers nos semblables : protéger les droits et assurer la sécurité, les liens et les soins.
C’est là que commencent véritablement les droits de la personne : dans les gestes quotidiens que nous faisons pour nous épauler mutuellement. L’action en faveur des droits de la personne va au-delà des institutions ou des changements de politique majeurs. Elle concerne aussi les gestes humains : traiter les autres avec dignité, lutter contre les inégalités, défendre l’équité et bâtir des collectivités où chaque personne se sent vue et soutenue.
Mme Khan a mis l’accent sur le pouvoir de chaque personne :
Une seule de vos actions, une seule, ancrée sur les droits de la personne, peut transformer les systèmes quand elle se joint à celles des autres.
Lorsque nous convergeons vers un engagement commun à reconnaître notre valeur et notre dignité inhérentes en tant qu’êtres humains, chaque geste que nous posons, même un seul, peut contribuer à un changement profond.
Ces mots résonnent profondément en cette journée des droits de la personne. Ils nous rappellent que le progrès se construit grâce à de nombreux petits actes réguliers de courage, de compassion et de sollicitude : les mêmes actes qui constituent le fondement des droits de la personne.
Vos actions sont importantes
En cette Journée des droits de la personne, l’ACSM invite la population canadienne à reconnaître son rôle dans la promotion de la santé mentale comme droit universel.
Voici comment vous pouvez aider :
- Exprimez votre soutien pour les personnes dont les droits sont menacés.
- Utilisez votre voix et rejoignez notre mouvement pour plaider en faveur d’un système de santé mentale entièrement financé, accessible et équitable.
- Soutenez l’ACSM dans ses efforts pour mettre en place des systèmes qui protègent les droits et favorisent le bien-être de tout le monde. Faites un don maintenant.
- Apprenez et partagez comment les droits de la personne sont liés à la santé mentale, dans votre milieu de travail, à l’école, dans votre quartier et en ligne.
