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La crise des intoxications aux drogues au Canada : un appel à l’humanité
26 août 2025
Le 31 août est la Journée internationale de sensibilisation aux surdoses
L’intoxication aux drogues continue de causer des dommages irréparables dans nos communautés. Au Canada, les intoxications aux opioïdes causent, en moyenne, 20 décès par jour. Pourtant, le soutien public aux services de santé liée à l’utilisation de substances est en déclin, tout comme la compassion envers les personnes qui consomment des substances.
Ni les politiques canadiennes en matière de drogues ni l’opinion publique ne suivent le rythme de la tragique perte de vies. L’an dernier a été particulièrement difficile pour les personnes les plus touchées par la politique de la drogue au Canada. Le projet pilote de décriminalisation en Colombie-Britannique a été abruptement annulé; les services de consommation supervisée ont été fermés dans certaines provinces, et leur fermeture est imminente dans d’autres; plusieurs programmes de réduction des méfaits financés par le gouvernement fédéral prennent fin. Et malgré un manque de preuves suffisantes soutenant l’efficacité du traitement involontaire pour l’utilisation de substances, sans parler des risques fatals que cela comporte, il y a un mouvement croissant en faveur de législations visant à forcer les gens à suivre un traitement.
Nous régressons rapidement et oublions que la dépendance est une condition médicale qui mérite autant d’attention et de soins que toute autre maladie. La dépendance n’est pas un échec personnel. Nous fermons les yeux sur le fait qu’avec un approvisionnement en drogues illégales dangereusement contaminé, même une personne consommant des drogues pour la première fois pourrait mourir d’un intoxication, subir une blessure cérébrale ou faire face à d’autres conséquences graves. Nous écartons des outils parmi les plus efficaces, fondés sur des données probantes, qui sauvent des vies, tout en attribuant à l’utilisation de drogues la responsabilité de problèmes communautaires. Le désordre public, l’itinérance et les troubles mentaux non traités sont, en réalité, les résultats de systèmes de santé et sociaux insuffisants.
Le 31 août, nous soulignons la Journée internationale de sensibilisation aux surdoses. Le thème de cette année, Une grande famille, animée par l’espoir, nous rappelle avec justesse de ne pas traiter de manière méprisante les personnes aux prises avec des problèmes de dépendance. Notre humanité nous commande de prendre soin les uns des autres. Lutter contre la crise des intoxications aux drogues exige que nous agissions avec compréhension et compassion. À l’ACSM, nous avons une vision simple et claire de ce qui peut mettre fin à cette crise :
- Cesser de stigmatiser et de culpabiliser les personnes avec des troubles de l’utilisation de substances.
- Cesser de criminaliser les personnes ayant des dépendances.
- Financer correctement tous les types de soutien.
Le soutien comprend la prévention des dépendances, la sécurité des personnes pendant la consommation, et l’accompagnement tout au long du processus de rétablissement. Il inclut l’accès au logement, aux soins de santé mentale et aux mesures de soutien du revenu.
Il nous revient de demander à nos dirigeants de placer l’humanité au cœur des décisions, indépendamment de l’utilisation de substances. Car, trop souvent, la frontière entre l’usage occasionnel et la dépendance ou la surdose fatale se dessine selon la chance, les privilèges et les circonstances. Et la chance, malheureusement, peut disparaître en un instant. Il est temps de reconnaître la primauté de l’humanité et de croire au potentiel de rétablissement de chaque personne. N’est-ce pas là un principe sur lequel nous pouvons tous nous accorder?
