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L’espoir dans la guérison : une histoire de rétablissement de la dépendance
17 novembre 2025
L’histore de Sam
À l’université, boire et faire la fête faisaient partie de la culture de Sam*. C’était une monnaie sociale, un moyen d’appartenir au groupe, de décompresser et de nouer des liens avec les autres. C’est de cette façon que les personnes aux études socialisent. Pour Sam, cela semblait inoffensif, voire sain, à l’époque. Mais les choses ont changé après l’obtention de son diplôme. Sam a déménagé dans une communauté plus petite et plus isolée et ses habitudes ont subtilement changé. Ce qui était une activité du vendredi soir est devenu une activité de tous les soirs.
« Je ne faisais plus la fête, je ne faisais que boire. L’isolement peut te faire croire que tu vas bien parce que personne n’est là pour observer ton comportement ou te rappeler à l’ordre. Et je vivais de manière isolée avec d’autres personnes ayant les mêmes problèmes. Cela semblait normal et c’était plus facile à justifier. »
Sam a toujours lutté contre l’anxiété, même avant qu’il n’y ait un mot pour cela. La consommation d’alcool et de drogues réduisait le bruit dans sa tête. Sam n’éprouvait du bonheur qu’en buvant.
Je n’essayais plus de me droguer ou de me soûler; j’essayais juste de me sentir comme une personne normale.
« Le premier moment de calme que l’on ressent après avoir eu recours à l’automédication peut ressembler à un soulagement, alors on se met à rechercher cette sensation au lieu de s’attaquer à la cause. À un moment donné, j’ai cessé de me rendre compte que j’utilisais l’automédication. »
Mais le fait de s’appuyer sur des substances pour gérer son anxiété a plongé Sam dans une boucle d’anxiété et d’instabilité, ainsi que des accusations mineures liées à sa consommation d’alcool, y compris quelques nuits dans des cellules de détention et quelques accidents évités de justesse au volant. Sam se disait que c’était de la malchance, pas une habitude.
Lorsqu’on se retrouve régulièrement dans les mêmes situations, il est difficile de prétendre qu’il s’agit d’une coïncidence. Mais j’ai continué à ignorer les signaux d’alarme.
Les avertissements ont fini par s’accumuler. Sam glissait sur une pente dangereuse tout en prétendant que tout allait bien. Puis les endroits où se cacher ont commencé à manquer.
« L’on a procédé à mon arrestation pour conduite en état d’ivresse, et tout mon univers s’est effondré en un instant. Mais il y avait aussi un étrange sentiment de clarté. J’ai tout de suite su que ce n’était pas que de la malchance. C’est le moment où ma vie s’est divisée entre l’avant et l’après. »
Pour Sam, l’accusation de conduite en état d’ivresse est devenue sans le savoir une occasion en or. Une absolution sous conditions lui a ouvert une nouvelle voie vers le changement; pas seulement une punition, mais aussi un rétablissement.
« Ma libération s’est accompagnée de counseling, de thérapies de groupe et de l’inscription à un programme de santé mentale à long terme axé sur la dépendance et l’anxiété. La première étape n’a pas été glorieuse; je devais admettre que je ne savais pas tout. Lorsque j’ai cessé de considérer l’aide comme une faiblesse et que j’ai commencé à la voir comme un entraînement mental, tout a changé. Mais le début du rétablissement a été physiquement, émotionnellement et socialement brutal. »
Sam a appris la science derrière la dépendance et comment les cerveaux se reconfigurent, ce qui rend difficile l’arrêt d’une dépendance, même si quelqu’un le veut vraiment. Sam a également appris à mieux comprendre l’anxiété et les outils pour la gérer, comme la pleine conscience, l’importance de la structure, de la responsabilisation et des conversations ouvertes et honnêtes.
Je maintiens des routines quotidiennes et je pratique le recadrage cognitif.
« J’ai construit des systèmes de la même manière que je construirais un projet de travail : en testant, en mesurant et en répétant. Aujourd’hui encore, je m’appuie sur ce que j’ai appris à l’époque. Je maintiens des routines quotidiennes et je pratique le recadrage cognitif. Je comprends très bien la rapidité avec laquelle une mauvaise journée peut faire boule de neige si elle n’est pas contrôlée. »
Aujourd’hui, la vie de Sam est complètement différente, consistant en une carrière réussie à diriger des équipes et à lancer des entreprises pour aider les autres à trouver leur raison d’être. Mais la confiance de Sam ne vient pas de ces succès. Elle vient de la survie à l’adversité et de l’apprentissage qui en a découlé. Car pour Sam, le rétablissement n’est pas un fil d’arrivée, c’est un plan d’entretien.
Sam connaît encore des semaines stressantes et de longues nuits où les vieilles habitudes remontent à la surface, mais grâce à l’aide reçue, les anciens schémas sont tout de suite endigués.
Je ne romance pas mon passé, mais je ne le cache pas non plus.
« Cela fait partie de mon histoire et me rappelle que la responsabilité et la communauté sauvent des vies. Je continue donc à suivre une thérapie, je reste proche de personnes qui me responsabilisent et je structure mes journées de manière intentionnelle. Je construis ma vie autour d’un objectif, car je sais que les périodes d’inactivité sont dangereuses pour moi. »
Sam sait de première main que le rétablissement peut changer la vie, et cultive une stricte conviction que l’espoir luit pour toute personne. Trop souvent, les gens n’obtiennent de l’aide qu’après une crise, après avoir eu affaire à la police, s’être présentés au tribunal ou s’être retrouvés à l’hôpital. Personne ne souhaite développer une dépendance, mais nous la traitons comme un choix. Le système de santé canadien laisse tomber les personnes qui ont le plus besoin d’aide.
Sam a partagé son histoire dans l’espoir que d’autres puissent trouver le soutien nécessaire, au bon moment.
* Le nom de cette personne a été modifié pour protéger son identité.
