Menu
Close
Changements climatiques et santé mentale : comment composer avec la situation
30 juin 2026
À mesure que la chaleur estivale s’intensifie, il est bien possible que votre sentiment d’angoisse lié au climat en fasse tout autant. La saison estivale apporte son lot de feux de forêt, d’air chargé de fumée, d’inondations et de canicules. Pour de nombreuses personnes, les répercussions des changements climatiques sont source d’inquiétude, de stress, de deuil et d’anxiété. Ces répercussions ne sont pas abstraites : nous pouvons les voir, les respirer et les ressentir.
Angoisse liée au climat au Canada
La hausse de l’angoisse liée au climat, également appelée « anxiété climatique » ou « écoanxiété », n’a rien d’étonnant. L’année dernière, la saison des feux de forêt était la deuxième plus grave jamais enregistrée au Canada, ce qui a poussé 75 000 personnes à quitter leur domicile. Le pays a traversé des périodes de sécheresse de plus en plus intenses qui ont aggravé les feux de forêt, fait face à de graves inondations dans plusieurs régions et à des canicules qui ont fait grimper les températures jusqu’à 40 °C dans certaines régions. Bien sûr, les répercussions des changements climatiques ne touchent pas tout le monde de la même façon. Les personnes noires, les personnes nouvelles arrivantes et les personnes à faibles revenus sont plus exposées aux risques sanitaires liés au changement climatique, tout comme les communautés autochtones, qui, en raison du colonialisme, sont confrontées à de nombreux risques environnementaux. Par exemple, l’année dernière, lorsque des feux de forêt ravageaient le pays, trois personnes sur cinq évacuées de leur domicile étaient membres de communautés autochtones.
Comment se manifeste l’angoisse liée au climat?
Les taux d’angoisse augmentent partout au Canada à mesure que les changements climatiques s’accentuent. En 2023, Statistique Canada relevait que la moitié des personnes canadiennes disaient être soit relativement préoccupées (30 %), soit extrêmement ou très préoccupées (20 %) au sujet du risque d’une catastrophe naturelle ou d’une situation d’urgence liée aux conditions météorologiques. On estime qu’environ 2,4 % des Canadiennes et Canadiens présentent des symptômes d’anxiété climatique qui affectent gravement leur vie quotidienne.
L’angoisse liée au climat peut se manifester sous les formes suivantes :
- Des sentiments de tristesse, de colère, de peur, d’impuissance, de désespoir, de détresse et de culpabilité;
- Des pensées obsessionnelles, une angoisse profonde et la conviction qu’il est déjà trop tard;
- Des symptômes de dépression et d’anxiété, dont des crises de panique et de l’insomnie;
- Une perte du sentiment d’identité, d’appartenance, de communauté ou d’autonomie, ou encore l’impression de s’être fait voler son avenir;
- Un sentiment de deuil lié à la perte de membres de la famille ou de proches en raison d’une catastrophe ou de risques environnementaux liés aux changements climatiques;
- Un traumatisme intergénérationnel.
Comment gérer votre angoisse face aux changements climatiques
Les inquiétudes liées au changement climatique sont bien réelles. Toutefois, les moyens d’y remédier sont loin de manquer.
Si vous vivez de l’inquiétude, voici quelques mesures que vous pouvez prendre.
- Essayez de gérer votre inquiétude :
- Limitez votre exposition aux actualités sur le climat qui risquent de vous bouleverser. Informez-vous auprès de quelques sources fiables sélectionnées et limitez la fréquence à laquelle vous les consultez.
- Nommez les émotions difficiles que vous ressentez, sans les juger. Que vous ressentiez de l’angoisse, de la frustration, de la colère ou même de la culpabilité, le fait de mettre des mots sur vos émotions peut vous aider à mieux les vivre.
- Concentrez-vous sur ce que vous pouvez contrôler. Renseignez-vous. Réduisez votre propre empreinte carbone. Faites passer le mot.
- Inspirez-vous des enseignements traditionnels, participez aux cérémonies et aux pratiques culturelles, et passez du temps auprès des personnes aînées et gardiennes des connaissances.
- Voici comment aider des enfants qui vivent de l’inquiétude :
- Donnez-leur de l’information claire, mais évitez l’excès de détails. Ne laissez pas trop transparaître vos propres inquiétudes.
- Rassurez-les en leur expliquant que de nombreuses personnes, dont des scientifiques, des communautés, des gouvernements et d’autres jeunes, s’efforcent de trouver des solutions.
- Suggérez-leur des actions concrètes et porteuses d’espoir, comme s’occuper de plantes, passer du temps dans la nature ou participer à un projet communautaire.
- Faites un projet ensemble, comme aménager un jardin, vous préparer à des conditions météorologiques extrêmes ou faire du bénévolat dans la région. Cela permettra de renforcer leur sentiment d’ancrage et de diminuer leur sentiment d’impuissance.
- Dites-leur que vous êtes toujours là pour écouter leurs questions ou parler de leurs inquiétudes.
- Transformez les inquiétudes liées aux changements climatiques en actions concrètes :
- Cherchez à nouer des liens avec des personnes qui partagent vos valeurs. Évitez de vous isoler dans votre sentiment d’angoisse.
- Passez à l’action : élaborez un plan d’action communautaire pour avoir des retombées au niveau local.
- Livrez des témoignages et présentez des idées et des initiatives qui se sont avérées efficaces pour lutter contre les changements climatiques et leurs effets. Vous pourriez ainsi donner de l’espoir, mais aussi inspirer d’autres personnes à passer à l’action.
- Contactez les décisionnaires et encouragez-les à agir.
- Découvrez les initiatives autochtones relatives au climat au Canada, notamment les rassemblements, les formations et les programmes de souveraineté autochtone.
- Passez du temps dehors, dans la nature :
- Bien que la nature n’apporte pas à tout le monde le même niveau de sécurité, d’accessibilité et de réconfort, des études ont conclu que le contact avec la nature peut avoir un effet positif sur notre santé mentale, puisqu’il peut apaiser notre système nerveux, nous ramener dans le moment présent et favoriser l’activité physique et les liens sociaux.
- De nombreuses communautés autochtones ont mis sur pied des programmes de guérison axés sur la terre, qui sont une source de bien-être : ils renforcent le sentiment d’ancrage, apaisent le stress et améliorent l’humeur.
- Informez-vous sur l’histoire écologique de votre région pour vous rappeler que celle-ci est bien plus vaste que la crise actuelle.
- Si vous avez besoin d’aide, n’hésitez pas à en demander.
Si des sentiments d’inquiétude, de dépression ou de désespoir vous empêchent de mener une vie normale, envisagez de faire appel à des services de soutien en santé mentale.
- Contactez votre prestataire de soins ou votre prestataire de soins de santé mentale.
- Contactez votre ACSM locale.
- Si vous êtes en situation de crise, appelez ou envoyez un texto au 9-8-8 pour obtenir du soutien en français ou en anglais en tout temps. Le 9-8-8 s’adresse à toute personne qui a des pensées suicidaires ou qui s’inquiète pour une personne proche. Pour en savoir plus : https://988.ca/fr.
- Les peuples autochtones de tout le Canada peuvent appeler la ligne d’écoute d’espoir pour le mieux-être au 1 855 242-3310 ou utiliser le service de clavardage à l’adresse espoirpourlemieuxetre.ca.
Nos angoisses au sujet des changements climatiques sont tout aussi réelles que les changements climatiques eux-mêmes. Cela dit, les mesures que nous pouvons prendre pour prendre soin de nous-mêmes, nous entraider et protéger les personnes et les lieux où nous nous sentons chez nous sont également bien réelles.
