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Le désespoir et les pensées suicidaires s’amplifient à mesure que progresse la pandémie

Le désespoir et les pensées suicidaires s’amplifient à mesure que progresse la pandémie
Une nouvelle enquête nationale révèle que la santé mentale des Canadiens continue à se détériorer

Toronto (Ontario) et Vancouver (Colombie-Britannique), le 3 décembre 2020 – La deuxième vague de la pandémie a exacerbé les sentiments de stress et d’anxiété, entraînant un niveau alarmant de désespoir, de pensées suicidaires et de découragement au sein de la population canadienne. Voilà ce qu’expose la plus récente vague de données tirées d’une enquête nationale sur les conséquences de la COVID-19 pour la santé mentale, que l’Association canadienne pour la santé mentale (ACSM) rend publique aujourd’hui en collaboration avec une équipe de recherche de l’Université de la Colombie-Britannique (UBC).

La majorité de la population canadienne (71 %) se dit préoccupée par la deuxième vague du virus, 58 % d’entre eux craignant qu’un être cher ou un membre de leur famille meure, et seulement 21 % se sentent optimistes. À l’approche de l’hiver, 40 % des Canadiens font état d’une détérioration de leur santé mentale depuis mars, avec un déclin plus prononcé chez les personnes au chômage (61 %), celles qui avaient déjà des problèmes de santé mentale (61 %), les jeunes adultes de 18 à 24 ans (60 %), les personnes autochtones (54 %), les membres de la communauté LGBTQ2+ (54 %) et les personnes handicapées (50 %). Près de la moitié des femmes (45 %) et un tiers des hommes (34 %) ont constaté une dégradation de leur santé mentale.

« Le froid, l’incertitude, l’érosion des réseaux de soutien social et les restrictions quant aux rassemblements pendant les Fêtes surviennent alors que les gens sont déjà anxieux, découragés et inquiets que les choses empirent », explique Margaret Eaton, cheffe de la direction nationale de l’ACSM. « J’ai peur que beaucoup de personnes soient si désespérées qu’elles ne voient pas la lumière au bout du tunnel. »

Une des grandes inquiétudes est l’augmentation marquée du taux de suicide cet automne : 1 personne sur 10 (10 %) au Canada a récemment eu des pensées suicidaires, par rapport à 6 pour cent au printemps et à 2,5 pour cent en 2016, avant la pandémie. Les pensées suicidaires sont encore plus présentes dans certains sous-groupes de la population, notamment les membres de la communauté LGBTQ2+ (28 %), les personnes qui avaient déjà des problèmes de santé mentale ou une maladie mentale (27 %), les personnes handicapées (24 %), les adultes de 25 à 34 ans (21 %) et de 18 à 24 ans (19 %) et les personnes autochtones (20 %).

« Nous constatons une relation directe entre les facteurs de stress sociaux et le déclin de la santé mentale », affirme Emily Jenkins, qui est professeure en sciences infirmières à l’UBC et experte en santé mentale et usage de substances. « Avec la pandémie qui perdure et l’augmentation du nombre de cas et des restrictions, une bonne partie de la population est en détresse. Les taux de pensées suicidaires et d’automutilation sont particulièrement inquiétants, ayant monté en flèche depuis le début de la pandémie, et ils sont encore plus importants dans certains sous-groupes de la population qui subissaient déjà de la stigmatisation, de l’exclusion, du racisme et de la discrimination. »

Un tiers de la population canadienne (39 %) s’inquiète de sa situation financière, dont la moitié des parents d’enfants de moins de 18 ans (48 %) et des personnes dont le revenu familial est inférieur à 25 000 $ (51 %) indiquent avoir des inquiétudes financières en raison de la COVID-19. Alors que de potentielles fermetures des écoles se profilent, le quart des parents craignent de ne pas arriver à nourrir leur famille (27 %) et un cinquième (18%) craint de vivre des violences physiques ou émotionnelles au sein du foyer.

Malheureusement, peu de Canadiens reçoivent les services et les mesures de soutien dont ils ont besoin en matière de santé mentale, et bon nombre d’entre eux ont recours à une combinaison de stratégies saines et moins saines pour composer avec la situation.

« C’est encourageant de savoir que la moitié de la population fait de l’exercice à l’extérieur pour composer avec la pandémie, mais seul un maigre 11 % bénéficie de mesures de soutien ou de services virtuels en santé mentale. Beaucoup se tournent vers l’alcool ou les substances pour traverser la crise », déclare Anne Gadermann, co-chercheuse principale et professeure à l’École de santé publique et des populations de l’UBC.

Près de 1 personne sur 5 (17 %) a indiqué avoir augmenté sa consommation de substances (17 %) comme un moyen pour composer avec la crise. Le cinquième des Canadiens (20 %) boivent plus d’alcool, alors que d’autres ont augmenté leur consommation de cannabis (9 %) ou de médicaments d’ordonnance (7 %) et les taux sont encore plus élevés au sein des sous-groupes vulnérables.

La pandémie continue de faire ressortir que la santé mentale n’est pas une responsabilité individuelle. Il faut une intervention des pouvoirs publics. Même avant la pandémie, le système de soins de santé mentale canadien ne répondait pas aux besoins des gens en raison de longues listes d’attente, de problèmes d’accès, d’iniquités et de sous-financement.

« Les longs délais d’attente sont un problème, en partie, parce qu’il y a eu un sous-financement chronique des services en santé mentale du secteur communautaire, et parce que ces services reposent sur les soins intensifs, plus coûteux, comme ceux dispensés dans les hôpitaux et les soins actifs. En finançant les interventions communautaires, nous allégerons la pression exercée sur un système de soins actifs déjà sévèrement affecté par la COVID-19 – et permettrons aux gens de recevoir l’aide dont ils ont besoin plus rapidement », soutient Mme Eaton.

Le sondage a été mené par Maru/Matchbox auprès d’un échantillon représentatif de 3 027 personnes âgées de 18 ans et plus qui résident au Canada. Il a été réalisé entre le 14 et le 21 septembre 2020.

Il s’agissait de la deuxième de trois vagues stratégiques d’une enquête nationale qui concorde avec des travaux de la Mental Health Foundation, au Royaume-Uni.

Pour obtenir un résumé des conclusions de l’enquête Vague 2, veuillez cliquer ici.
Pour consulter les conclusions de l’enquête Vague 1, veuillez cliquer ici.

Pour obtenir de l’aide :

Pour les demandes des médias :

Katherine Janson
Directrice nationale des communications
Association canadienne pour la santé mentale
Téléphone : 647 717-8674
[email protected]

Lou Bosshart
Spécialiste des relations médias
Relations médias de l’UBC
Téléphone : 604 822-2048
[email protected]