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L’ACSM salue la décriminalisation de certaines substances illicites en Colombie-Britannique et demande davantage de mesures

Les bureaux de la division de la Colombie-Britannique de l’Association canadienne pour la santé mentale (ACSM) et de l’ACSM National saluent la décision du gouvernement fédéral d’accepter la demande de la province de la Colombie-Britannique d’accorder une exemption à la Loi réglementant certaines drogues et autres substances qui aura pour effet de décriminaliser, à partir du 31 janvier 2023, la possession personnelle de petites quantités de certaines substances contrôlées. La demande a été présentée au gouvernement fédéral en novembre 2021 en réponse aux décès et aux graves préjudices associés à l’offre de drogues toxiques et à la criminalisation continue des personnes qui consomment ces drogues.  

Le Canada est confronté à une crise de santé publique sans précédent qui continue de s’aggraver. Le nombre de décès et d’hospitalisations liés à des empoisonnements aux drogues illicites est vertigineux. La Colombie-Britannique est la province la plus gravement touchée par cette crise.  

«  L’ACSM Division de la C.-B. reconnaît l’importance de la décision prise cette semaine de décriminaliser la possession simple de certaines substances illicites », dit le chef de la direction de l’ACSM Division de la C.-B., Jonny Morris. « Compte tenu des épouvantables décès et dommages causés par les empoisonnements aux drogues en C.-B., les décideurs ne doivent pas s’arrêter là; ils doivent évaluer rapidement et rigoureusement la nécessité de définir des seuils plus élevés et assumer l’obligation morale d’accroître l’accès à des substances sûrs.  » 

Les données le démontrent clairement : criminaliser l’usage de drogues illicites a de nombreux effets stigmatisants sur les personnes qui utilisent ces substances, à un point tel qu’elles en viennent craindre de demander des interventions qui pourraient leur sauver la vie et des services de traitement des dépendances. Elles peuvent aussi avoir peur de se faire arrêter et harceler par la police, de se faire juger par les professionnels de la santé, de perdre des prestations ou de se faire retirer la garde de leurs enfants par l’État, notamment. La criminalisation a pour effet de marginaliser les personnes qui vivent dans la pauvreté ou qui sont victimes de racisme, d’iniquités fondées sur le genre, de violence ou d’autres formes d’oppression.1 La criminalisation et la toxicité des drogues disponibles ont contribué à amplifier la crise des surdoses d’opioïdes, tout comme l’ont fait les obstacles à l’accès aux services de santé mentale et de traitement des dépendances. Les soins de santé mentale et le traitement des dépendances sont sous-financés comparativement aux soins de santé physique et ne sont pas entièrement couverts par les régimes de santé provinciaux et territoriaux, ce qui oblige de nombreuses personnes à les payer de leur poche ou rend ces services littéralement inaccessibles pour de nombreux Canadiens  

L’ACSM appuie fermement une approche de santé publique visant à remédier à la crise des surdoses d’opioïdes, fondée sur les principes de réduction des préjudices et de traitement et qui considère le traitement de la consommation problématique de substances comme faisant partie intégrante des soins de santé. Tous les paliers de gouvernement doivent accroître les investissements dans les services liés à l’emploi, à l’éducation, à la sécurité du revenu, au logement abordable, à la garde d’enfants et au soutien par les pairs et familial. Ces déterminants sociaux de la santé font la promotion de la santé mentale comme faisant partie intégrante de la santé globale.2 Les gouvernements doivent investir davantage dans les traitements communautaires qui fonctionnent de concert avec les soins de santé primaires pour que les traitements soient administrés de la manière la plus appropriée et la moins intensive possible. Afin de soutenir le traitement et le rétablissement, les services de santé mentale doivent être bien intégrés aux services de traitement des dépendances et refléter un continuum de soins complet.  

«  Nous félicitons le gouvernement fédéral d’avoir pris cette importante mesure, mais il s’agit uniquement de la première étape en vue d’une décriminalisation à l’échelle nationale de la possession simple de drogue, d’un accès à des drogues sûrs, de lieux de consommation sécuritaires et de services de traitement des dépendances et de soutien au rétablissement communautaires gratuit  », dit Margaret Eaton, cheffe de la direction nationale de l’ACSM. 

Pour en lire plus sur la position de l’ACSM et sur ses recommandations pour remédier à la crise des surdoses d’opioïdes, consultez le document « Soutenir et non punir : Désamorcer la crise des opioïdes au Canada. »  

1. Bernie Pauly, Paul Hasselback et Dan Reist, A Public Health Guide to Developing a Community Overdose Response Plan (Victoria, C.-B. : Université de Victoria, 2017), 4.
2. John Trainor, Ed Pomeroy et Bonnie Pape, Un cadre pour le soutien :troisième édition (Toronto : ACSM, 2004)


À propos de l’Association canadienne pour la santé mentale  
Fondée en 1918, l’Association canadienne pour la santé mentale (ACSM) est l’organisation communautaire du secteur de la santé mentale la plus vaste et la mieux établie au Canada. Grâce à sa présence dans plus de 330 communautés dans l’ensemble des provinces et un territoire, l’ACSM œuvre en défense des droits et offre des ressources qui contribuent à prévenir les problèmes de santé mentale et les maladies mentales, à soutenir le rétablissement et la résilience et ainsi, permettre à tous les Canadiennes et Canadiens de s’épanouir pleinement. Pour obtenir davantage de renseignements, veuillez visiter le www.acsm.ca. 

Pour les demandes des médias : 

Deb Wise Harris 
Responsable nationale, Communications 
Association canadienne pour la santé mentale 
Téléphone : 514-327-2871 | [email protected]