Vous pensez au suicide? Veuillez téléphoner sans frais au 1-833-456-4566 (Au Québec : 1-866-277-3553), ou visitez Parlons suicide Canada.

Vous êtes présentement sur le site Web :

national

Visitez nos sites Web provinciaux

À bout de souffle? Vous n’êtes pas seul.e 

Depuis deux ans, la pandémie de COVID-19 nous tourmente. Et depuis deux ans, l’Association canadienne pour la santé mentale (ACSM) et l’Université de la Colombie-Britannique (UBC) sondent la population canadienne pour savoir comment elle va. Dans le plus récent tour de notre enquête nationale, les gens affirment ressentir du stress par rapport à l’avenir, ils craignent que la COVID-19 ne soit pas près de disparaître. 

Les résultats de l’enquête montre que 64 % des personnes s’inquiètent que de l’émergence de nouveaux variants, tandis que 57 % s’inquiètent que la COVID-19 circule pour des années à venir. 

Toutes ces inquiétudes constituent un stress chronique pour les gens et cela a des effets néfastes, rendant les décisions de base plus difficiles, sapant notre énergie et menant à la fatigue et l’épuisement. Près de la moitié (46 %) de la population canadienne affirme être stressée ou inquiète de devoir composer avec l’incertitude. 

Pendant ce temps, la pandémie a également martelé ceux et celles qui prennent soin de nous. Dans un rapport publié le 1er mars, des travailleurs communautaires en santé mentale – et les organismes pour lesquelles ils travaillent – ​​révèlent qu’ils sont à risque d’atteindre le point de rupture. Pour ces organismes à but non lucratif, qui offrent du soutien et des services gratuits en santé mentale, leur financement actuel n’est pas suffisant pour répondre aux besoins actuels, et encore moins pour répondre à ceux à venir. Ils ont maintenu à bout de bras l’offre de services en travaillant sans relâche et de manière créative pour répondre aux besoins de leurs clients pendant la pandémie. Mais toujours sous-financés et maintenant surmenés, les organismes sans but lucratif et leur personnel ont épuisé leurs maigres réserves et sont à bout de souffle. 

Voici ce qu’ils disent : 

« Les listes d’attente s’allongent, et les délais d’accès aux services aussi, surtout pour le soutien psychologique. » 

Bien que les services de santé mentale virtuels ont amélioré l’accès de certaines personnes, « elles constituent un obstacle pour d’autres qui ont un accès limité aux technologies, notamment les personnes âgées et celles qui ont un faible revenu. » 

« Parce que la santé mentale communautaire a été extrêmement sous-financée, tous les éléments sont quelque peu fragmentés… » 

« Ce sont de petites sommes d’argent qui ne sont jamais suffisantes pour offrir le service que l’on attend de nous… » 

« Plusieurs se sont fait un devoir de mettre les bouchées doubles vu les circonstances et notre mandat, mais cela s’est fait au détriment du bien-être beaucoup de gens, déjà minés par la pandémie. » 

Il est temps de réparer ce système défaillant 

Le système de santé mentale que nous connaissons est une mosaïque de services publics, privés et sans but lucratif. Les Canadiens sont confrontés à de longues listes d’attente dans le système public, à des coûts élevés dans le privé et ils ne savent pas où aller pour obtenir l’aide dont ils ont besoin. En fait, selon les chiffres de l’ACSM et de l’UBC, près d’une personne sur cinq (17 %) estime avoir eu besoin de soutien en santé mentale pendant la pandémie sans en avoir obtenu pour diverses raisons : elles ne savaient pas comment ni où obtenir de l’aide (36 %), n’avaient pas les moyens de payer pour en obtenir (36 %) ou ont connu des difficultés d’accès (29 %). D’autres fois, c’est parce que leur assurance ne couvrait pas l’aide requise (19 %). 

L’ACSM demande au gouvernement fédéral de réparer ce qui fait défaillance. Cela signifie d’octroyer un financement adéquat pour offrir des services communautaires de santé mentale et de lutte contre les dépendances. Cela signifie d’investir dans des stratégies qui font la promotion de la santé mentale et la prévention la maladie mentale, c’est-à-dire avant qu’elle ne s’installe. Cela signifie de financer publiquement les services communautaires de soutien psychologique et de psychothérapie. Et cela signifie d’investir dans le logement, le soutien au revenu et la sécurité alimentaire, qui sont tous essentiels à la santé mentale. 

Alors que les organismes communautaires tiennent à bout de bras leur offre de services, Margaret Eaton, Cheffe de la direction nationale de l’Association canadienne pour la santé mentale, ne pouvait pas mieux dire : « Il est temps de porter attention au voyant lumineux qui nous signale que notre système de santé mentale est sous tension. » Et avec plus du tiers (37 %) des personnes indiquant une détérioration de leur santé mentale depuis le début de la pandémie, il est plus que temps.